Le tombeur : Triptyque cycliste est une œuvre en trois mouvements. On y découvre un personnage à la fois habile et maladroit. Propret, vêtu d’un veston et d’une minerve, cet être attachant attire les malheurs et en tricote de la poésie.
Dans le premier mouvement, il se dévoile avec ses béquilles-roues, figure surnaturelle d’une stabilité instable. Tant bien que mal, il navigue entre l’étrange, le comique et la prouesse.
On le suit ensuite avec son vélo, où il semble constamment éjecté après les tours les plus surprenants. Certes, il maîtrise la prouesse, mais aussi, en parfaite dichotomie, l’art de se faire expulser et de retomber dans le monde des vivants, dans le banal. Le sol, implacable, se rapproche vite à chaque chute.
Enfin, on le voit s’acharner à chercher la beauté, magnifiant de simples pièces de vélo, vestiges de ce symbole de liberté. Les manipulations inédites et surprenantes, toute en douceur, nous transportent dans un état de fascination et de curiosité. Pathétique ou magnifique ? Assurément attachant.
À travers ce triptyque, on ressent la liberté que peut offrir le vélo, tout en percevant les efforts et les concessions nécessaires pour en jouir pleinement. En voyant ce personnage, on s’y attache. On se rappelle qu’on est humain, on s’étonne, et l’on aspire, comme lui, à s’acharner pour trouver la beauté. 3 x 30 minutes